Ascencion vs Battlestar Galactica : comparaison des mini-séries

Il n’aura échappé à personne que Syfy a tenté avec Ascension ce que la chaîne a déjà réussi avec Battlestar Galactica. Les ressemblances entre les deux mini-séries sont trop nombreuses pour passer inaperçue comme je le remarquais dans mon article de présentation de la mini-série. Syfy fait-elle fausse route ? Ascension relève le défi face à BSG ?

Ascension_Vaisseau

Le vaisseau Ascension

Ascension est une mini-série de 4h30 diffusée en décembre 2014, hasard du calendrier ou non Battlestar galactica avait elle aussi été diffusée 9 ans auparavant courant du mois de décembre 2003. Afin de créer un momentum autour de sa nouveauté Syfy a diffusé celle-ci 3 soirs de suite a raison de 2 épisodes par soir. La réception de la série a été plutôt bonne, une perte d’audience ayant tout de même été enregistrée entre le premier et second soir. Malgré toutes leurs ressemblances, une différence majeure existe entre les deux mini-séries, Ascension n’est pas ce qu’elle semble être, sans donner trop de détails un twist important est révélé à la fin de la première heure, changeant totalement l’optique de cette série. Ce twist a causé la perte de nombreux téléspectateurs mais a aussi beaucoup fait parler de lui et de la série au plus grand bonheur de la chaîne.

1963, des humains partent pour un voyage qui durera 100 ans. Cinquante ans plus tard, une jeune femme est retrouvée assassinée. Les voyageurs commencent alors à douter sur le but de leur expédition. (Source : Allociné)

Ascension dans la veine de BSG ?

Tout d’abord, ce sont des mini-séries de même genre, des space-opéras très bien réalisés avec une esthétique particulière très réussie. Ensuite, les deux séries sont dotées d’une mythologie développée et d’une sophistication des intrigues et personnages créant une ambiance spécifique véritable identité de la série. Et enfin, on ne peut manquer de remarquer la présence de Tricia Helfer, numéro 6 dans BSG et Viondra Denniger dans Ascension.

Une identité sophistiquée et originale

Avant Ascension il a eu un travail formidable sur son contexte historique, sur l’évolution de la culture à l’intérieur du vaisseau. On peut d’ailleurs voir un historique détaillé sur le site de la chaîne. Ces recherches tendent à donner une crédibilité scientifique et historique de la série, qu’elle puisse être quasi-plausible dans notre monde actuel. Peut-être pour en plus tard critiquer certains aspects comme Battlestar Galactica avait résonné avec la guerre contre le terrorisme moderne et l’occupation en Irak. De plus, la vie sur Ascension et ses effets sont cohérents et réfléchis, « la crise » moment déterminant où chaque passager accepte que le vaisseau soit son seul et unique monde en est un bon exemple.

Ascension_fete_fertilité

Viondra et Willian Denninger à la fête de la fertilité

Ascension vise haut, une véritable mythologie y est développée avec ses rites culturels propres développés par les passagers du vaisseau (fête de la fertilité, launch day…). Sur ces points elle en fait même plus que Battlestar Galactica qui ne fait qu’introduire ses religions en petite touche dans les trois heures de visionnage. Surement par manque de temps puisque ce thème sera creusé plus avant par la suite.

Les deux mini-séries ont une esthétique agréable. Ascension grâce à sa touche des années 60, fruit de l’évolution de la culture au sein du vaisseau. Battlestar Galatica avec une esthétique réinventée correspondant aux codes de la société humaine fictive: les feuilles de papiers sont orthogonales, les tenues militaires particulières…

Ces trois facteurs : mythologie, visuel et ambiance particulière permettent à ces séries de se différencier des autres, de nous emporter réellement dans leur monde fictif.

Une série très bien réalisée mais des acteurs justes

Afin d’aider encore le spectateur à se projeter dans leur univers, ces séries sont toutes deux très bien réalisées. Le visuel est travaillé, les effets spéciaux sont bien réalisés. Que ce soit les scènes de bataille de BSG ou le sabotage de l’Ascension aucune fausse note n’est détectable.

Ascension_memorial

memorial a Laurelei

Toutefois, les acteurs des deux séries ne trouvent pas toujours le ton juste pour leur personnage. Dans Battlestar Galactica, chaque acteur donne à son personnage une personnalité propre, visible dès les premières minutes à l’écran, Edward James Olmos dans son rôle du Commandant Adama en est un bon exemple. Les temps de développement sont mis à bon escient nous permettant de comprendre les motivations et l’historique de chaque personnage rapidement.

Ascension pêche plus à ce niveau, Tricia Helfer réussit avec brio la femme manipulatrice (qui ressemble à son rôle dans BSG) mais les autres acteurs prennent plus de temps à trouver leur marques. La série offrant moins de possibilité à ses protagonistes de se développer, la performance passable de quelques acteurs endommage clairement la série (Brian Van Holt comme Willian Denninger ou Andrea Roth comme Juliet Bryce par exemple)

De nombreuses intrigues et personnages développés rapidement

Justement dans Ascension, une chasse aux intrigues et aux personnages est lancée, heureusement que Syfy a publié une liste des personnages et de leurs relations car sinon nous sommes vites perdus. Nous avons plus d’une quinzaine de protagonistes pour des intrigues allant de la simple relation amoureuse d’ado à la survie du vaisseau en passant par les fantômes (si si) et les luttes de pouvoir ! Ascension veut trop en faire, attirer le plus de monde possible avec des storylines inspirées des teens dramas, des thrillers psychologiques ou du fantastique. Au final cela ne convainc pas grand monde.

Battlestar Galactica, au contraire, a eu l’intelligence de se restreindre, on compte moins de personnages et beaucoup moins d’intrigues secondaires ce qui lui laisse le temps de développer correctement chacun.

Un final qui laisse sans voix

Dans une mini-série qui souhaite se développer plus, la chose à ne pas louper c’est le final. A la fois conclusion et ouverture celui-ci doit laisser le téléspectateur sans voix en demandant plus !

Ascension_crise_finale

Crise dans le vaisseau

La fin de la mini-série Battlestar Galactica laisse la flotte de vaisseau dans l’espace non connu ayant de justesse échappé au Cylons déterminés à les poursuivre et les annihiler. Une fin dans le ton de la série, sans trop et sans trop peu, bien pensée et exécutée. La tension menant à la résolution est palpable, et le twist final efficace.

Ascension en essayant de conclure ses trop nombreuses intrigues possède un final avec un enchaînement trop rapide et un twist certes efficace mais hors du ton de la série. Cela part dans tous les sens et on ne s’y retrouve plus : regardes-t-on Supernatural ? Sliders ? House of Cards ? Le téléspectateur perdu ne peut apprécier les efforts fait de par ailleurs.


Ascension ne fait pas le poids face à Battlestar Galactica. Même avec son heure trente de plus, elle ne réussit pas à développer ses personnages et ses intrigues au même niveau. Mini-série très bien réalisée avec une recherche psychologique et historique certaine, elle peine par son désir d’en faire beaucoup. Les intrigues sont trop nombreuses, les protagonistes pas assez développés, la série part dans tous les genres à la fois. En somme la série va trop vite afin de tout caser dans le temps impartit. Ce qui nous ai montré en 6 épisodes aurait pu tenir en une saison entière !

Toutefois, Ascension ne rate pas sur toute la ligne, elle réussit à développer une ambiance particulière, une mythologie très intéressante à l’instar de son modèle. Son esthétique inspirée des années 60 est réussie ainsi que la psychologie de ses personnages. Elle a été pensé pour être plus qu’une mini-série et espérons qu’on lui laisse la chance et le temps de se développer comme il se doit.

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